samedi 3 juin 2017

La délicatesse du homard

Le destin fait bien les choses

Laure Manel 
et la première couverture de son livre
Le Doudou fait partie de cette belle histoire


Une histoire d'amour, une histoire de vie, une histoire comme beaucoup, pleine de souffrances, d'injustices, où se côtoient bourreau et victime. Le Destin intervient et met sur la route du désespoir fait femme, un homme à l'âme également marquée de cicatrices, qui va lui offrir une main secourable. La rédemption progressive se construit entre ces êtres meurtris au milieu de magnifiques paysages bretons et avec l'aide thérapeutique des chevaux.


L'analyse psychologique des deux personnages principaux est subtile et très bien menée. Beaucoup de délicatesse, de tendresse sans jamais tomber dans un pathos facile. Laure Manel raconte l'histoire de ces vies au présent en alternant à chaque chapitre un des deux personnages. On partage ainsi plus facilement leurs émotions, doutes et peurs. Cela permet aussi d'accompagner la prise de conscience des sentiments inavoués qui vont peu à peu pouvoir enfin s’exprimer. L'écriture est fluide avec cependant quelques longueurs. Mais c'est un livre agréable et intéressant.



La nouvelle couverture du livre publié chez Michel Lafon

Le livre est disponible sur Amazon

jeudi 18 mai 2017

Harem - Aztèques : un voyage exaltant





Mon adolescence a été remplie des livres de Jacques Soustelle et de bien d'autres historiens et anthropologues ayant analysé ou témoigné, comme le moine franciscain Bernardino de Ribera de Sahagu, sur la vie des Aztèques. Eric Costa m'a reconduite en arrière de quelques décennies.


Il a construit avec brio une intrigue qui appartient au domaine de la fiction, certes, mais a probablement existé, à quelques détails près. Compliments pour tous les détails historiques, la description en particulier des vêtements des épouses et des esclaves, particulièrement soignée. On devine le travail de recherche minutieux de l'auteur. Le glossaire à la fin du livre en est une preuve supplémentaire.

Les personnages deviennent au fil de la lecture très réels et visibles ce qui démontre la qualité graphique de la plume d'Éric Costa. Les rapports humains dans leur bassesse comme dans leur noblesse sont minutieusement décrits, même s'il semble que le côté manipulateur, cruel et sordide y soit davantage présent. Certains gestes qui pourraient être bons et beaux sont empreints de calcul pour une réciprocité dans la lutte pour la survie. Mais il est vrai que la société Aztèque était particulièrement violente.

J'étais présente au salon du livre quand Éric a été proclamé vainqueur au Speed-dating par le jury Amazon KDP. Une victoire plus que méritée. J'attends la suite avec curiosité et intérêt.



Pour lire l'avant-première, cliquez ici !



mercredi 12 avril 2017

Cinq secondes pour survivre, cinq secondes pour donner un sens à sa vie, cinq secondes pour aimer.



Que Sylvie Grignon est une auteure de talent, nous le savons depuis longtemps.

Si vous avez lu sa série de romans policiers, mais plus encore, "Carla", suivi des " Secrets de Carla" et des "Confidences de Carla" et enfin l'ouvrage dans lequel elle a dévoilé un problème de santé très grave partagé par de nombreuses personnes « Hashimoto mon amour », vous aurait comme moi compris l'extrême sensibilité dont est dotée Sylvie Grignon.

Dans ce nouveau roman que j'ai découvert au Salon du livre de Paris « 5 secondes », l'auteure nous oblige à réfléchir sur la valeur et les conséquences des nombreuses cinq secondes que nous avons vécues, bien ou mal, dans notre vie. 



Cinq secondes peuvent-elles changer le destin ? Cinq secondes sont-elles suffisantes pour faire un choix ou pour refuser de le faire et en payer les Cinq secondes pour survivre, cinq secondes pour donner un sens à sa vie, cinq secondes pour aimer.conséquences ? Cinq secondes peuvent-elles être la clef du bonheur ou un trou noir dans lequel on plonge ?

Sylvie Grignon ne donne pas de réponse absolue mais avec délicatesse et le talent de la vraie conteuse, elle narre, témoigne, interroge, suggère… 

Un livre plein de tendresse, de générosité, de don de soi qui transforme les sacrifices en une offrande.


vendredi 7 avril 2017

MEMORIAL TOUR : Que sommes-nous devenus ?

Voici mon commentaire pour
"Memorial Tour" de Chris Simon,
4.0 étoiles sur 5














Que sommes-nous devenus ?


Tourner la dernière page virtuelle du livre de Chris Simon MEMORIAL TOUR, c'est un peu comme chercher le bouton de la lumière dans un tunnel sombre, ouvrir une fenêtre pour pouvoir enfin respirer librement. Je viens de refermer mon Kindle après avoir lu également les réflexions et les interrogations que pose l'auteure. 

Que dire ? Comment exprimer la foule de sentiments qui m'envahissent ? Comment traduire les émotions qui se bousculent ? Tout est encore très confus. Ce livre est bouleversant. Il dérange, il choque, il fait mal, il interpelle, il indispose… Je ressens une grande confusion. En général, à la fin d'un ouvrage je sais parfaitement s'il m'a plu, pourquoi, comment, etc. Ici je ne sais plus rien. Il y a trop de choses à dire et ce que j’éprouve est contradictoire. Chris Simon a réveillé en moi de la colère. La colère contre la bêtise humaine. Bêtise contemporaine et bêtise historique. Une certaine dose de mépris et en même temps de compréhension et d’indulgence devant ce comportement de moutons de Panurge, devant cette facilité qu'ont les humains à se laisser conditionner, à subir, à accepter, à banaliser, à devenir lâche, égoïste. Triste monde, triste société qui, sans aucune retenue, dans sa soif éhontée de profit consomme indifféremment le beau et le laid, l’amour et la haine, le présent et le passé. Qui sommes-nous donc ? Où est passé notre dignité? Qu’avons-nous fait de nos valeurs ? Avons-nous encore un libre-arbitre ? Où nous sommes-nous égarés ? N'avons-nous rien appris ? 

Ce qui m'a laissé une dernière amertume, et pas la moindre, c'est de m’être identifiée à l'auteure et, sans vouloir entrer dans l'intimité de son âme, je compatis, dans le sens étymologique du terme, dans le sens latin « cum patir » - souffrir avec - car on ne peut pas écrire une telle histoire sans avoir souffert soi-même dans les racines de son être, dans celle de sa propre histoire, dans celle d'un peuple. Je souhaite ici exprimer à Cris Simon mon admiration pour le magnifique travail d'écriture, de recherche, de courage et ma profonde solidarité.



Pour lire l'avant-première, cliquez ici !


La Baie des Morts : on y perd son latin mais pourquoi pas


Voici mon commentaire pour 
"La Baie des Morts" d'Azel Bury, 

que j'ai lu entre Paris et Istambul ! 
4.0 étoiles sur 5 





On y perd son latin mais pourquoi pas... 


Difficile de ne pas se faire prendre au jeu. Sacrée Azel ! 
Azel Bury est comme son héroïne, sans peur et un peu inconsciente mais d'une grande sympathie. J'ai parfois été en confusion dans le passage entre l'époque viking et celle d'aujourd'hui mais à la fin, dans ce capharnaüm de situations des plus incroyables, je ne sais pas comment, mais j'ai réussi à m'extraire du puits d'angoisse où l'auteure plonge volontiers ses lecteurs. 

 J'ai passé un excellent moment dans "La Baie des Morts" et je me laisserai certainement tenter par une autre production de cette jeune passionnée d'écriture.






A l'encre de sang : unique autant qu’étrange !


Mon commentaire publié sur Amazon
pour l'excellent livre de Elen Brig Koridwen

" A l'encre de sang "

5.0 étoiles sur 5


 





Unique autant qu’étrange ! 


Du Sartre ? Du Stephen King ? Non, du Elen Brig Koridwen ! 
Froide et humaine, rêveuse et lucide, courageuse et résignée... de qui suis-je en train de parler? De l'auteure ou de l'héroïne ? De l'une et de l'autre, mais qu'importe. 

Cette histoire est en même temps terrifiante, sordide et poétique. Préparez-vous à nager en pleine folie. Hitchcock n'aurait pas fait mieux. Au-delà de toute logique, l’auteure nous amène à comprendre les motivations de l'éditeur que l'on voudrait qualifier de psychopathe dangereux à faire enfermer immédiatement et pourtant Elen Brig Koridwen réussit à susciter en nous un étrange sentiment de compassion dont nous voudrions nous défendre. 

On s'attendrirait presque devant cette recherche d'absolu littéraire qui s'écrit " à l'encre de sang". Et que dire de l'héroïne, victime consentante, agneau sacrifié sur l'autel de l'écriture ? Cette complicité entre bourreau et victime dérange certes. Parfaitement décrite la relation entre le pervers-bourreau narcissique et sa victime dont l'identité et la réalité humaine émotionnelle disparaissent aux yeux du pervers. Il fusionne avec sa victime en s'appropriant les qualités dont il rêve de façon obsessionnelle et qu'il envie jusqu'à l'union sublime, La Mort. 

 Le Syndrome de Stendhal et Le Syndrome de Stockholm dans ce huis-clos à en perdre le sommeil et la raison, écrit dans un français de grand style.


Pour lire l'avant-première, cliquez ici !


 

Il faut bien que la foudre tombe quelque part : une très belle surprise


Mon commentaire publié sur Amazon

pour le livre d'Evelyne Judrin 

" Il faut bien que la foudre tombe quelque part "

4.0 étoiles










Une très belle surprise



J'avais déjà vu passer ce livre au titre étrange " Il faut bien que la foudre tombe quelque part ".



La couverture m'avait attirée. La photo d'un homme avec une polaire bleu ciel et capuche, sur le fond d'une jolie peinture en noir et blanc, m'avait semblé un choix original. Pourtant, je n'avais pas acheté. La raison est simple: je ne suis pas amateur de polars.


Mais voilà, la semaine passée, j'étais comme chaque année au Salon du livre de Paris, aussi bien en tant qu'auteure que lectrice, et le fameux hasard m'a fait rencontrer l'auteure de ce livre, Évelyne Judrin. Elle y dédicaçait son œuvre.

Et c'est ainsi que je le suis retrouvée embarquée dans une lecture passionnante, une très belle écriture dans un français impeccable, une intrigue à rebondissements, des personnages si délicatement décrits qu'on pourrait les rencontrer dans la rue et les reconnaître, une analyse psychologique soignée des caractères, des scènes dures mais sans jamais tomber dans la violence facile, enfin des descriptions de vieux quartiers de Paris qu'il fait plaisir à retrouver.

J'ai commencé le livre en avion dans mon voyage de retour de Paris et je l'ai fini dans la même nuit, au petit matin plus précisément, car je voulais absolument connaître le dénouement de cette terrible histoire. Bravo. "

Pour lire l'avant-première, cliquez ici !